tour du rwanda 2026!

Mission 18 — Tour du Rwanda, 25-26 février 2026

Ce matin tout était bloqué, plus de motos, plus de vélos, plus de voitures. Je marchais à pied en ville avec toute la population.

Les guest VIP sont dans leurs grands hôtels avec leurs accréditations et leurs loges.

Et puis de l'autre côté il y a toute la population dehors, les enfants des écoles, les enfants de la rue, tous mélangés au bord du lac sans avoir eu besoin d'acheter quoi que ce soit.

Au final ce sont eux qui vivent le truc le plus fort, le plus vrai.

Le peloton ne fait pas la différence entre le VIP et l'enfant pieds nus, il passe devant tout le monde avec la même vitesse et le même effort.

Moi qui suis toujours entre deux pays, toujours entre deux appartenances, ce matin j'étais un peu chauvine. Fière. Le genre de fierté qu'on ne s'avoue pas  quand on a passé sa vie à regarder le monde depuis les deux côtés de la frontière et de l'Équateur.

Et puis cinq cyclistes tous blancs sont passés, maigres comme des clous, blancs comme des cacas de pigeons, soit ils avaient mis une couche de deux centimètres de crème grise sur le visage, soit ils sont gris naturel. Des extraterrestres débarqués sur la planète. Quand on salue les cyclistes africains ils répondent, un petit signe de la main, un regard, quelque chose qui passe. Les blancs yaourt eux, rien. Ils pédalent dans leur bulle, imperméables à tout ce qui les entoure. Le belge quand j ai crié bravo, s est retourné! il a du se dire je connais cette expression belge! il etait premier de l'étape!

Hier, de l'autre côté de la frontière, en rdc, des drones ont tué le porte-parole du M23. À cinq kilomètres d'ici. Et c'est calme. Le lac brille. Les enfants courent. Les cyclistes pédalent dans les collines. Une femme passe avec des cannes à sucre sur la tête, une tonne, littéralement.

Je ne sais comment dire ni quitter ça.

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