Les enfants des rues ne sont plus des enfants des rues.  Ils sont devenus les enfants des jardins. C'est devenu un jardin de village.

Les enfants des rues ne sont plus des enfants des rues.

Ils sont devenus les enfants des jardins.

C'est devenu un jardin de village.

Grâce à l'association Sarahmoon, ils ne traînent plus dans les rues à attendre, à chercher. Ils ne volent presque plus. Parfois encore un peu, par habitude, par réflexe, par besoin aussi. Mais presque plus. Ils viennent directement de l'école. Ils arrivent en courant. Ils ne rentrent pas chez eux. Ils viennent ici. Au jardin.

Ils mettent leur petit tablier de jardinier agronome et l bandana pour le soleil. Avec des poches pour les outils et les semences qu’ils commencent à connaitre et ramasser, beaucoup les sortent du tablier, ils le mettent avec fierté. Ils ne sont plus des enfants des rues à ce moment-là, ils sont des jardiniers, des ptits bonhommes agronomes. Le tablier change tout. Il transforme un enfant errant en enfant responsable.

Il transforme un voleur en bâtisseur, il transforme un bourlingueur en travailleur. C'est un bout de tissu. C'est tellement plus.

Ils vont vers leurs parcelles.

Chacun a la sienne.

Personne ne touche à la parcelle d'un autre.

C'est la règle. C'est sacré.

Ils respectent cette règle maintenant mieux qu'à l'école.

Ils ne se volent plus les uns des autres. Ni les maïs du voisin ni les canes à sucre !

Ils vérifient leurs plantes. Ils enlèvent les mauvaises herbes. Ils arrosent.

Ces mêmes mains volaient hier. Ces mains se battaient dans la rue.

Aujourd'hui ils plantent. Ils arrosent. Ils récoltent.

Le jardin les a changés. Pas du jour au lendemain. Progressivement. Récolte par récolte. Avant ils arrachaient les carottes minuscules pour les manger. Ils ont appris à attendre que ça pousse Un enfant de la rue n'attend rien. Il prend de suite. Il vole maintenant. Il mange maintenant.

Ici ils ont appris à planter une graine et à attendre avant de voir pousser quelque chose. Ils attendent. Ils voient pousser. Ils comprennent. Ils ont appris la valeur du travail, que personne ne viendra arroser leur parcelle à leur place. Personne ne viendra enlever leurs mauvaises herbes. S'ils ne viennent pas, leurs plantes meurent.

C'est simple. C'est une leçon directe, immédiate, claire.

Ils ont appris la fierté de rapporter des pommes de terre à la maison.

La fierté de dire « C'est moi, je les ai plantées, je les ai arrosées, je les ai récoltées. »

La fierté de contribuer au lieu de prendre. La fierté de donner au lieu de voler.

Les enfants des rues sont devenus les enfants des jardins.

Ils ont troqué la rue noire contre la terre rouge et les légumes verts.

Ils ont troqué les poubelles contre les parcelles. Ils ont troqué le vol contre la récolte. Ils ont troqué la rue contre le jardin.

Ils ne sont pas sauvés. Ils se sont transformés.

Ils sont encore fragiles. Ils peuvent encore repartir.

Mais pour l'instant, ils sont dans leur école des petits jardiniers .

Et c'est BON.

 

 

Retour à l'accueil