Une rentrée aux Petits Jardiniers

Ce lundi, c’était la rentrée scolaire 2026-2027 à Rubona. L’École des Petits Jardiniers a elle aussi repris son chemin.

La journée a commencé par une prière. Remercier pour l’année passée, pour les enfants qui sont toujours là, et confier cette nouvelle année.

J’ai pu les rejoindre quelques instants par appel vidéo. Voir leurs visages, les entendre me saluer depuis le Rwanda alors que je suis en Belgique reste toujours un moment particulier.

Puis est venu le concours des parcelles.

Les enfants ont d’abord désigné douze parcelles. Aristide et Grâce en ont ensuite retenu dix, en tenant compte du travail réalisé selon les principes de la permaculture, mais aussi de la présence régulière des enfants à l’École des Petits Jardiniers et à la Maison pour Tous.

Les dix enfants retenus sont :

Abijuru Justin
Uwase Raïssa
Ukwishaka Manzi Joel
Ikoribyayo Etti
Masengesho Émeline
Niyogisubizo Naomy
Uwase Anne Marie Princesse
Ibrahim
Gakuru Étienne
Stéphanie

Cette année, leur récompense ne sera pas un objet. SarahMoon participera à leur repas scolaire.

C’est devenu une vraie question pour les familles. Le prix demandé pour le repas était de 1 000 francs rwandais et doit maintenant atteindre 2 000 francs par enfant. Pour certaines familles, même cette somme est difficile à trouver.

Après le jardin, tout le monde est retourné à la Maison de la Reine pour la distribution du matériel scolaire.

Les enfants les plus avancés ont reçu trois cahiers et un bic. Les autres en ont reçu deux et un bic. Les cahiers et les bics des absents ont été mis de côté pour leur prochaine venue.

Trente-neuf enfants étaient présents. Une vingtaine d’autres manquaient, notamment parce que la rentrée scolaire avait lieu le même jour.

Avant la distribution, Aristide a tenu à remercier Gatoto et Émeline qui, pendant cette période, ont veillé sur l’école. Ils ont reçu chacun un cahier et un bic.

La journée aurait pu s'arrêter là.

Mais en rentrant, Aristide a reçu un appel de Gilbert depuis l’hôpital. Il était fatigué et lui a d’abord répondu qu’il ne viendrait pas. Gilbert a rappelé.

Alors Aristide a repris une moto.

À l’hôpital, Gilbert lui a simplement dit :

« Merci d’être venu. »

Il avait besoin qu’on l’aide pour sa toilette. Aristide s’en est occupé et a repris ses vêtements sales pour les laver. Des personnes présentes l’ont remercié pour ce que fait SarahMoon auprès de ceux qui ont peu.

On lui a demandé s’il pouvait désormais venir régulièrement à l’hôpital avant midi.

Aristide a répondu non.

Il y a les enfants, l’école, la Maison pour Tous, le jardin et tout le reste. SarahMoon peut accompagner Gilbert, mais ne peut pas remplacer chaque jour ceux qui doivent assurer ses soins.

Le soir, une autre histoire est arrivée.

Plusieurs parents ont téléphoné pour remercier l’association pour les cahiers et les bics reçus par leurs enfants.

Parmi eux, la maman de Justin.

Trois de ses enfants fréquentent la Maison pour Tous. La famille possédait un cochon. Elle comptait le vendre au moment de la rentrée pour pouvoir payer les frais scolaires.

Quelques jours auparavant, des voleurs ont forcé la porte et emporté le cochon.

Ce qui devait financer la rentrée a disparu en une nuit.

La maman de Justin demande aujourd’hui de l’aide pour que ses enfants puissent malgré tout aller à l’école.

Voilà une rentrée à la Maison pour Tous.

Des cahiers, des bics, dix jardins récompensés, trente-neuf enfants réunis.

Et derrière les chiffres, toujours des histoires très concrètes.

Un repas qu’une famille ne peut pas payer.

Un cochon qui représentait les frais de rentrée de trois enfants.

Un garçon à l’hôpital qui téléphone parce qu’il a besoin que quelqu’un vienne.

Et une petite école de jardiniers qui recommence une année.

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