Un samedi file comme une fusée

Un samedi file comme une fusée… mais tout est bien

Je me suis pourtant levée vers 8h ce qui fait 7h en Belgique mais j’ai l’impression d’avoir vécu trois journées en une. Une bonne douche en rentrant m’a remis les idées en place ...un vrai instituteur, une vraie prof, c’est quand il/elle rentre avec la tête mouillée… et le cœur rempli.


Tout d'abord, petit-déjeuner avec Belinda nos deux chemins, un même désir de faire du bien

La journée a commencé par un long petit-déjeuner avec Belinda. Une discussion très enrichissante, à bâtons rompus. Belinda est une jeune femme intelligente, très sociable, très généreuse, vraiment intéressante. On sent qu’elle a beaucoup réfléchi à sa vie, qu’elle a déjà fait son propre chemin. Moi aussi, j’avance à ma manière, dans le concret et l’intérieur. Chacune à sa façon, mais au fond, nous cherchons toutes les deux à faire du bien autour de nous. Je la vois de plus en plus comme l’une des forces vives et des grands espoirs du Rwanda. Elle a une vraie maturité, et une capacité d’engagement rare.


Sur le chemin de l’École des Jardins des bras, des rires, des “Mama Chantali”

Je suis ensuite partie à pied vers l’École des Jardins.
Sur la route, une dizaine d’enfants m’ont vue arriver, ont couru vers moi, certains ont littéralement sauté dans mes bras, puis m’ont accompagnée jusqu’à l’école, main dans la main. Arrivés là, nous étions plus de 50 enfants pour toute la matinée.
J’avais apporté de mon petit-déjeuner du café au lait sucré, des fruits, du pain que je ne mange pas, car il contient du gluten. Nous avons ajouté à cela les cannes à sucre de notre propre jardin en autosuffisance direct, du jardin à l’assiette...à la bouche!

Petit à petit les morceaux se sont répartis, les plats en bananier ont circulé. Avec ce que j’avais, plus la canne à sucre, nous avons réussi une véritable multiplication des pains, tout le monde a eu de quoi être rassasié avec des choses simples mais variées. Les photos témoignent de cette joyeuse abondance partagée.


Permaculture, zones du jardin et méthode Montessori

Après le moment du repas, nous avons parlé de Noël, de comment cela allait se dérouler cette année....Puis des quatre zones du jardin en permaculture. Nous les avons rappelées aux enfants à partir de ce qu’ils ont déjà fait concrètement avec leurs mains. Ce qui marche, ici, c’est vraiment la méthode Montessori, partir du concret, du geste, de la terre, du jardin, des objets qu’ils manipulent. Dès qu’on passe dans l’abstraction pure, la mémoire s’effrite. On oublie. Eux… et moi aussi ! C’est très frappant de voir à quel point les enfants se souviennent des activités où ils ont touché, planté, construit, dessiné, et comme ils décrochent dès qu’on reste seulement dans la parole ou la théorie. Cela confirme profondément mon choix pédagogique.


Grace, Aristide et la vie de l’équipe

Grace a très bien travaillé ce matin comme éducatrice.
Elle posait des questions, elle rebondissait sur les réponses des enfants, exactement comme je lui ai montré hier. La voir évoluer ainsi est très encourageant, elle prend sa place, elle ose, elle s’affirme.

Aristide était présent lui aussi, toujours vigoureux.
J’en ai profité pour lui rappeler clairement sa gestion du temps et l’importance de la ponctualité, de l’organisation entre l’École des Jardins, la Maison pour Tous, l’hôpital et l’administratif.

Ce sont des rappels réguliers, mais nécessaires.


Les pieds des enfants et la question des chaussures

En fin de matinée, nous avons pris à part huit enfants qui n’avaient pas de chaussures, ou alors des chaussures trouées, des semelles mangées et usées, ou encore des sandales boda-boda complètement à bout de souffle. Je les ai envoyés chez la vendeuse de chaussures, avec ce message à Aristide que les enfants viennent se montrer pour être pris en photo, qu’on vérifie que ce sont bien ceux qui ont réellement besoin de chaussures. Nous devrons être très vigilants pour éviter que des enfants déjà bien équipés se présentent en espérant une nouvelle paire. La pauvreté aiguise la débrouille, et notre générosité doit aller en priorité à ceux qui n’ont vraiment rien.

Sur la route, certains enfants me demandent encore des chaussures, des beignets… Heureusement, on ne me demande presque plus de money money comme avant. Désormais, j’entends surtout « Mama Chantal, je suis malade… » Je réponds en riant « Moi aussi ! » et nous éclatons de rire ensemble. L’humour reste une belle façon de garder le lien, sans promettre ce que je ne peux pas donner.


Le grand jour du déambulateur rouge et bleu c un rêve devenu réalité

Belinda m’a proposé un immense service! Elle a pris sa voiture pour m’aider à transporter le déambulateur jusqu’à l’hôpital. Sans elle, je ne vois pas comment j’aurais pu faire avec une moto. C’est vraiment un cadeau énorme qu’elle a offert là à Gilbert et à l’association.

Nous sommes arrivées dans  la salle de chirurgie où se trouve Gilbert, avec ce déambulateur rouge et bleu. Les visages se sont illuminés tout le monde avait le sourire jusqu’aux oreilles en le voyant.

D’abord, nous avons lavé Gilbert, appliqué de la crème. Il n’était pas très propre, forcément quand son appareil d’urine casse, tout se répand sur ses habits.

Puis j’ai commencé à l’installer dans le déambulateur avec les ceintures, comme je pouvais. Ce déambulateur, je l’ai imaginé depuis la Belgique, construit par WhatsApp à 10 000 km de distance, entre le Rwanda et l’Europe, avec les soudeurs ici et les conseils là-bas. Nous en avons discuté avec Freddy devant l’église du Chant d’Oiseau, il m’avait donné des conseils techniques parce que tout le poids de Gilbert repose sur certains points précis. J’ai fait coudre des pochettes, des ceintures certaines ont été offertes par Marie-Noëlle. Il fallait maintenant, avec cette dizaine de ceintures, trouver comment ajuster Gilbert au mieux.

Et là… le miracle! Gilbert est debout, bien maintenu, et surtout sans douleur. Il n’a rien dit, pas bronché lui qui, d’habitude, souffre beaucoup dès qu’on le bouge un peu.

Autour de nous, les gens répétaient :

« Waouh, waouh, c’est magnifique ! Mon Dieu, mon Dieu ! »

Une fois installé, nous avons ajouté une petite tablette devant lui, avec ses livres et quelques objets. On le voyait relax, parler comme si de rien n’était. Je suis profondément convaincue que sa circulation sanguine va beaucoup s’améliorer, sa tête sera mieux tenue, son moral va remonter.

Cerise sur le gâteau la petite pompe à urine ne devrait plus casser aussi facilement puisqu’il est en position verticale. Le plan est que, le soir, Aristide le recouche dans son lit, et que le matin, on le relève dans le déambulateur pour qu’il reste debout toute la journée. Il pourra enfin, je l’espère, dormir mieux la nuit.

Tout cela est le fruit d’une longue réflexion à plusieurs, par internet, par messages, par croquis. Je remercie du fond du cœur toutes les personnes qui ont participé à ce projet. En Belgique, ce genre de chaise spécialisée coûte une fortune. Ici, nous avons réussi une solution sur mesure, adaptée à Gilbert, avec les moyens du bord, beaucoup de patience et de créativité.


Retour en moto, chants d’Alléluia et promesse de terre

En rentrant, après le cash bank en panne, je passe chez Nadia au marché, récupérer la salopette du jardinier! Elle ne me fait pas payer, cadeau! Trop gentille!

Ensuite on achète une bassine puis remontée à moto avec Grace sur notre colline...En chemin, nous avons croisé un voisin, Jean de Dieu, motard lui aussi. Avec lui, on a l’habitude de chanter sur la route « Alléluia, amen, alléluia, amen ! » On crie vers le lac, on rit, on s’amuse. Belle conclusion joyeuse de cette journée si dense.

Belinda, de son côté, avait rendez-vous pour manger avec une amie.
Elle m'a demandé si js connaissait des petites parcelles à vendre, car elle a envie de venir s’installer un peu ici. C’est très touchant, elle n’arrête pas d’aider l’association, elle veut s’engager davantage, participer plus concrètement. Pour l’instant, ce sont des promesses, des envies mais ce sont déjà des signes d’espérance.


Et maintenant… repos et gratitude

Je viens d’arriver, je me suis douchée, je me sens propre, fatiguée mais en paix. Je vais me reposer un peu, laisser décant­er tout ce qui s’est passé aujourd’hui : les enfants, les chaussures, l’école, Belinda, Jean de Dieu, l’hôpital, Gilbert debout dans son déambulateur rouge et bleu comme spiderman! Une journée de samedi qui a filé comme une fusée,
mais vraiment,c'est une perfect day! 

ChanMoon – Rwanda, samedi 22 novembre 2025 🌙💚

J entends un bébé pleurer la salle à côté, c est Ornella, née il y a 4 jours.... 

Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
Un samedi file comme une fusée
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Un samedi file comme une fusée
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Un samedi file comme une fusée
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Un samedi file comme une fusée
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Un samedi file comme une fusée
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